Em dezembro, on quitte Porto

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Puisque qu’il sera question de route ici, commençons par le cheminement imaginé pour le festival. Nous avons envoyé un dossier aux mairies portugaises (doc en pdf) qui dessine un premier itinéraire. Il sera précisé ultérieurement. 

Avant de vraiment reprendre la route, on s’est arrêtés à Miramar. On a profité de la présence de notre interprète (Jan) pour laisser le car au garage pour sa visite d’entretien et pendant quelques jours, nous avons séjourné chez des amis. Oui, aucun doute là-dessus, de véritables amis! 

On a profité d’être restés proches de Porto pour assister à la première - superbe!  - de Noite, un spectacle de la compagnie Circolando. On avait sympathisé avec eux au CACE cultural et on s’est promis d’organiser ensemble une soirée de projection là-bas.

Puis Jan nous a ramenés au garage pour qu’on y récupère le car. Le mécanicien nous a proposé de faire un petit tour avec lui pour vérifier que tout allait bien ; tout allait bien. Ne restait donc qu’à payer, une affaire de quelques minutes à priori. En accord avec lui, on laisse donc le car en double file dans la rue avec les warnings et on se retrouve dans le bureau du comptable. Sauf que la carte Visa ne passait pas dans sa machine défectueuse. Pas grave, il suffisait d’aller au distributeur un peu plus haut, le garagiste nous y amène en voiture pour gagner du temps. Pas de chance! c’était le jour de paye et le 1er distributeur était vide! Le deuxième était en maintenance, ça prend donc un peu plus de temps que prévu. Sur le chemin du retour, les téléphones se mettent à sonner de concert ; vite, vite, il fallait faire très vite, la police venait d’arriver pour faire la circulation, le car avait provoqué un embouteillage! Pris de panique, on a baragouiné en anglo-franco-portugnol qu’on s’excusait, que c’était une série de malencontreuses coïncidences, qu’on ne recommencerait plus, etc. et miraculeusement, les policiers ont renoncé à l’amende. Entre deux sermons, ils nous ont demandé ce que c’était que ce festival de cinéma, et quels films on allait montrer, et où… Et puis, après un sévère « qu’on ne vous y reprenne plus! », une chaleureuse poignée de main pour nous souhaiter un "bon voyage" (en français) au Portugal.

Après ces émotions, nous étions très heureux de rentrer chez Vanessa qui, pour notre départ, avait organisé une petite fête en notre honneur, avec des amis à eux que nous connaissions pas encore. Alors finalement, on a modifié nos projets au dernier moment - parce que c’était un peu dur de se quitter - et on a décidé d’accompagner Jan et Icaro au festival Caminhos de Coimbra. Après tout, on est juste descendus un plus vite que prévu, sans arrêt à Espinho, mais c’était la route…

Avec un léger recul, on commence à mieux cerner ce que cette expérience nous apporte ; c’est un état d’apprentissage permanent, que nous avions sans doute un peu perdu dans la facilité et le confort de nos habitudes nantaises. Mais passer cette frontière a quand même bouleversé les choses.

Nos repères linguistiques sont mis à mal et il faut découvrir une nouvelle langue. Ce n’est rien et c’est beaucoup. Dans le quotidien, cela veut dire dépasser la peur et oser se lancer dans l’échange au risque de passer pour de parfaits crétins, au risque de rester tout à fait incompris. Parfois, quand on s’écoute l’un l’autre, on a juste très envie de rire de nos accents ridicules. Mais impossible d’échapper aux balbutiements, on ne peut qu’accepter d’être débutants et persévérer dans l’envie d’apprendre.

D’ailleurs, ici, on comprend qu’on va devoir se montrer patients, très patients. Renoncer à notre rythme tout feu tout flamme (enfin, un petit peu seulement, on ne se refait pas complètement) et admettre que les choses prennent plus de temps, relancer régulièrement, « doucement… calmement… » (comme dirait un cher ami!). S’adapter aux 80km/h du car en somme!