Partir - Arriver

Partir, c’est toujours un peu un déchirement en même temps qu’une immense excitation…

Après avoir passé plus de 9 mois à la Sordais, nous voulions revenir pour une soirée avec les habitants du lieu-dit, pour dire au revoir et merci, profiter d’un dernier moment ensemble. C’est étrange, alors que nous vivons dans un car et sans adresse fixe, d’avoir créé ici des liens de voisinage amical. Tous se sont habitués à notre présence et malgré ses 12 mètres de long, le bus s’est fondu dans le paysage. Nous sommes finalement repartis avec des souvenirs de chacun (l’apéro de Paul, le jus de raisin de Jean-Paul, les produits Bjorg de Prescillia, etc.) et surtout, une photo d’eux tous, immédiatement accrochée dans la cabine conducteur du car ! Ils voyagent désormais avec nous.

Après un dernier déjeuner familial, le thermomètre atteignant les 35 °C le jour du départ, nous avons décidé de faire une pause café au frais, au bord de l’étang du terrain de Teddy et Muriel, près de La Roche-sur-Yon. Nous les avions rencontrés au Portugal l’an dernier et nous avons pu découvrir leur nouveau car, en chantier d’aménagement. Le café s’est transformé en barbecue et ce n’est que samedi matin que nous avons roulé un peu plus. 

Étape devenue incontournable à Le Gua, un village proche de Royan que nous aimons bien. Après-midi de sieste, rien d’autre à faire par la chaleur accablante ! Nous ménageons le Magic bus et tenons à lui éviter les risques de surchauffe. 

3e matin donc, nous visons la ville de Dax, pas très excitante à découvrir un dimanche, mais possible pour un arrêt à l’ombre. Le rythme du voyage et de la route caniculaire nous assourdit un peu…

Lundi, enfin des nuages et de l’oxygène, c’est le jour ou jamais pour traverser l’Espagne ! Le car réagit plutôt bien aux montagnes. Nous retrouvons le petit village de Torquemada, après Burgos ; typique, avec ses ruelles de pierres et sa place centrale, son église où siègent les cigognes, un calme du midi qui doit cacher une chaude ambiance le soir. Décalés, nous craignons de trouver le restaurant en voie de fermeture à 14h ; ils n’ont en fait pas encore commencé le service ! C’est vrai que nous sommes en Espagne, et nous regrettons presque de ne pas avoir pris le temps d’y chercher des dates pour la tournée… 

En fin de journée, nous franchissons la frontière portugaise avec émotion. Des mois que nous attendions, que nous en rêvions, et nous y sommes, de regresso ! 

Si proche et à la fois si loin que nous en oublions les réflexes de prudence et nous retrouvons avec le bus en travers de la rue du premier village inaccessible ! Demi-tour pour une trentaine de kilomètres sur des routes étroites de montagne où nous cherchons un stationnement pour un repos bien mérité après 717 km depuis le réveil. C’est à Sabugal que nous nous arrêtons, une toute petite ville encore plus calme que Dax un dimanche. Mais qu’importe, nous sommes là, les gens parlent portugais et nous retrouvons nos oreilles !

Mardi matin : message à César, notre garagiste préféré, pour prendre rendez-vous pour la révision annuelle du bus. Nous pouvons arriver dès le lendemain. Nous nous empressons de traverser le Portugal jusqu’à Batalha. Cette ville, nous la connaissons déjà. Touristique grâce à sa cathédrale, elle nous avait paru sans véritable charme, peut-être parce que nous n’y avons jamais rencontré personne lors de nos derniers passages. Mais ce soir-là, nous la retrouvons avec un plaisir non dissimulé ; nous y avons nos repères et c’est un lieu facile pour nous avec le bus. 

Dès 20h, la musique surgit d’une enceinte ; c’est le cours de "danse" (gym?) en plein air. Un petit groupe commence à s’agiter dans la rue, avec enthousiasme, avec entrain, avec simplicité. Depuis le car, nous les observons avec sympathie en sirotant un verre d’apéro. Des jeunes du terrain de foot d’à côté viennent s’essayer à deux trois pas, et repartent. Il y a quelque chose de drôle dans tout ça…

Chez Andreiauto, rien n’a changé depuis notre dernière venue ; les mécaniciens sont les mêmes, juste aidés de nouveaux apprentis. César nous accueille avec le sourire. Nous savons qu’ici, nous sommes en confiance : le travail sera bien fait, nous sommes avec des gens qui aiment leur métier, qui réparent avant de changer aveuglément une pièce, et qui commencent à connaitre le car. 

Résultat : les investigations prennent du temps, le bus est en partie démonté et ce soir, pour la seule et unique fois de notre vie, nous dormons dans un garage 4 étoiles !