Retour à la maison

Le temps passé à Porto avant le court séjour en France paraît déjà lointain. Par où reprendre?! Rembobinons!

Nous avons creusé des pistes intéressantes pour le plein de Super, et avons découvert un potentiel lieu de projection au coeur de Porto avec le collectif Arara, principalement constitué autour d'ateliers de sérigraphie. Les artistes du collectif, pour beaucoup des graphistes, des vidéastes, des plasticiens, ne cachent pas la dimension militante de leur travail. Un jardin surplombe la ville, où les barbecues géants paraissent alors aussi insolites que magiques. Au bout d'un chemin fortement pentu, une école à la pédagogie alternative permet aux parents de jouer un rôle prépondérant. Cette côte présentant un gradin naturel, nous avons tant bien que mal monté l’écran en bas, sans le car bien sûr. Pour une fois, la toile s'est révélée démesurément grande dans cet espace exigü. Près de 2h d'installation, le temps d'élaguer un arbre et de trouver des cales, pour montrer un film de 15 minutes : Cem Raios T'Abram, un court-métrage expérimental réalisé par des cinéastes du collectif, dont notre amie Mónica Baptista.

Dans un autre domaine, nous avons aussi rencontré des professionnels du secteur « socio-éducatif », dans l’hypothèse de, peut-être, proposer des ateliers avec des jeunes sortis du système scolaire. Nous avons été très impressionnés par le programme Arco Maior, porté entre autres par Joaquim Azevedo. La démarche permet aux « élèves décrocheurs » de suivre un parcours parallèle pour obtenir une certification équivalente aux autres lycéens, mais par un contrat différent. L’acquisition des compétences repose sur un apprentissage par projets. L’Education Nationale française aurait de quoi s’en inspirer!

Comme prévu, le CACE cultural nous a accueillis et nous avons changé de vue sur le Douro, dans un décor incroyablement cinématographique, sous le pont Freixo. Avec tout le confort dont nous avions perdu l’habitude : de l’eau et de l’électricité à disposition, un frigo qui fonctionne donc en continu, royal!

Et puis, on a tout fermé, on a filé vers l'aéroport et en moins de deux heures, on s’est retrouvés à Nantes... 

Et le lendemain, au Olonne Film Festival, pour présenter Suite à un voyageur projeté le samedi matin. Difficile de vanter les mérites de la programmation sans commettre d’impair ; on voudrait citer quelques films, mais ce serait un peu injuste pour tous les autres qu’on a aimés. Tant pis, on se lance! On a adoré:

  • Monts et merveilles, un documentaire très drôle de Cédric Michel (du collectif Sans Canal Fixe), 2013, 45', France
  • Juste avant la guerre, un film journal sensible et pertinent d’Yvan Petit (de Sans Canal Fixe aussi), 2015, 50', France
  • Abymée, une fiction au scénario rondement mené de Lionel Kaplan, 2014, 10', France
  • Happily ever after, documentaire autobiographique audacieux, de Tatjana Bozic, 2015, 83', Croatie 
  • Je suis le peuple, fascinant documentaire sur la révolution égyptienne, d’Anna Roussillon, 2014, 111', France

Ce festival nous a permis de faire de belles rencontres et dans le contexte terrifiant des attentats survenus le vendredi soir à Paris, ça nous a fait du bien! Au passage, il faut souligner le travail remarquable des organisateurs, Dominique et Pierre Laudigeois, autant que l’accueil chaleureux des bénévoles. 

La semaine à Nantes a permis de fêter Noël avant l’heure, dans l’enchainement des retrouvailles avec la famille et les amis ; du bonheur, encore. Les derniers points administratifs enfin réglés, nous avons décollé le coeur léger.

Et c’est tout émus que nous avons retrouvé le car à Porto ce week-end. Une curieuse impression de « rentrer à la maison », de se sentir chez soi en terre étrangère… Les batteries sont chargées au maximum ; nous sommes tous les trois prêts à reprendre la route!